CAST REMEMBER • Souvenirs d’un ancien “cast member”

Insolites ou inattendues, mais toujours drôles et parfois émouvantes, un carnet d'anecdotes sur la vie chez Disney

lundi 1 janvier 2007

Un diplôme avant l’heure

Dans les attractions de type Space Mountain, Indiana Jones ou Big Thunder Mountain, une taille minimale est requise pour participer à l'aventure. Le rôle des cast members est bien entendu de s'assurer que tous les jeunes aventuriers ont cette taille au minimum à l'aide d'une toise.

Si dans l'ensemble tout se passait bien, il arrivait parfois que le contrôle n'a pu être effectué correctement à l'entrée de la file d'attente. Soit par inadvertance (cela peut arriver), soit aussi par fraude intentionnelle des parents qui veulent à tout prix faire passer leur progéniture au détriment de leur sécurité... C'est pourquoi un contrôle final est toujours prévu avant l'embarquement.

Mais quand on a fait plus d'une heure d'attente pour finalement se faire refouler en bout de piste, ce n'est jamais très agréable, surtout pour l'enfant qui voit son rêve de participer à une attraction à sensations partir en fumée.

Dans ce cas-là, et à condition qu'il y ait eu effectivement une faute et un manque de vigilance de notre part, nous avions la possibilité d'offrir à l'enfant un petit diplôme lui autorisant, dès qu'il atteignait l'âge et/ou la taille requise, de revenir faire l'attraction, mais cette fois sans faire la queue ! Évidemment, les clients de mauvaise foi étaient priés de quitter l'attraction !

On ne savait jamais si les diplômes que nous remettions allaient revenir.... Et pourtant, plusieurs mois plus tard, on voyait parfois revenir les mêmes mômes en plus grand, tout heureux de nous tendre ce précieux petit sésame et participer — enfin — à l'aventure !

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> Quand les parents inventent n'importe quoi

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jeudi 22 décembre 2005

Une soirée barbecue à Indiana Jones !

Un de mes souvenirs les plus originaux remonte à 1996. Pour fêter le départ d'un collègue qui allait rejoindre définitivement les DOM-TOM, nous avions demandé au management l'autorisation exceptionnelle d'organiser une fête dans la file d'attente d'Indiana Jones qui venait tout juste d'être refaite. Pourquoi dans ce lieu allez-vous me demander ? Qu'y-avait-il de si "glamour" à organiser une soirée dans cet endroit ?

L'enseigne du Temple en 1995Pour mémoire, l'ancienne file d'Indiana Jones était extraordinairement longue : la file était décomposée en cinq grandes zones d'attente, chaque bloc correspondant grosso modo à une vingtaine de minutes de piétinement. Quand chaque secteur était rempli, le temps d'attente total montait au minimum à soixante minutes. Jusqu'en 1995, la file était entièrement découverte. Les longues attentes relevaient alors de l'épreuve, difficile aussi bien par temps ensoleillé que par temps de pluie.

Ce n'est qu'en 1996 que des travaux pour couvrir les deux secteurs les plus proches du temple ont été menés, parallèlement à l'ajout d'une sixième et nouvelle aire d'attente pour en augmenter la capacité (la queue pouvait ainsi durer jusqu'à quatre-vingt-dix minutes). Une fois achevé, ce nouvel espace couvert faisait penser aux chapiteaux loués à l'occasion de mariages ou réceptions à l'extérieur. Nous nous étions tous dits en le voyant : “ce serait génial d'organiser un barbecue à cet endroit !".

Et c'est ce que nous fîmes contre toute attente ! Une fois le parc bien vidé de ses visiteurs, nous avons investi cet espace en démontant les potelets des files d'attente histoire de faire place nette pour organiser ce pot de départ décidément bien plus original que dans une froide salle de réunion. Bien évidemment, pour des raisons de sécurité, aucune grillade n'a été faite (nous n'avions pas de barbecue à proprement parler d'ailleurs), et c'est plutôt un pique-nique qui a été organisé, chacun apportant sa contribution.

Le départ du collègue fut finalement une façon insolite de baptiser ce nouveau "plan" de la file d'attente qui porta naturellement le nom de "plan barbecue" ! Pour les cast members actuels d'Indiana Jones, vous avez désormais l'explication de l'origine mystérieuse de ce surnom enseigné lors de votre formation !

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mercredi 26 octobre 2005

Restez derrière la ligne !

Celles et ceux qui ont connu le parc avant 1997 auront peut-être remarqué un détail qui n'existait pas dans les aires d'embarquement des attractions de type train ou bateau. Aujourd'hui, pratiquement tous les quais sont protégés par des portillons automatiques afin d'éviter que les visiteurs ne s'approchent trop près de la bordure.

Auparavant, il était donc fréquent que des visiteurs soient rappelés à l'ordre par les cast members qui leur demandaient plus ou moins aimablement de rester derrière la ligne blanche, jaune ou rouge selon les attractions ! Voire de rester à “l'intérieur du cercle lumineux rouge” pour ceux qui se souviennent du Visionarium…

Il faut dire que certains n'avaient pas froid aux yeux ! En effet, le remplissage des véhicules doit être fait dans un temps limité pour conserver une certaine fluidité, aussi bien pour l'attraction que pour les visiteurs dans la file d'attente. Ainsi, quand une navette est prête à partir, il peut par conséquent arriver que toutes les places ne soient pas complétées, le départ devant être donné. Et une petite poignée de visiteurs, considérant sans doute que l'employé est mauvais, lui font d'abord remarquer qu'il y a un siège vide… Et ensuite, ils vont parfois tout faire pour monter à bord ! Mais heureusement, les cast members veillent et font si nécessaire un arrêt en gare pour éviter tout incident.

Les tout premiers portillons ont ainsi été installés aux Pirates des Caraïbes. Le prototype a d'abord été monté sur la rangée n°6 de la deuxième gare d'embarquement (celle qui est le plus au fond). Pendant plusieurs mois, nous avions donc eu le loisir d'expérimenter ce nouveau système, qui déconcertait les visiteurs installés à cette fameuse rangée n°6 ! Lorsqu'ils se présentaient à la rangée, ils revenaient nous voir pour voir si on ne s'était pas trompé en les plaçant ici !

Quelques mois plus tard, la phase industrielle d'installation fut lancée pour équiper les onze rangées manquantes. Depuis, ces portillons ont fait des petits dans tout le parc, sans oublier le Walt Disney Studios.

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lundi 10 octobre 2005

Une belle histoire entre la Californie et Paris

La différence entre un parc d'attractions classique et un parc Disney, c'est le soin apporté aux détails. Chaque lieu du parc raconte ainsi une histoire bien particulière. C'est grâce à la somme de toutes ces petites choses, pas forcément perceptibles au premier abord pour le profane, que les visiteurs sont littéralement transportés dans un autre monde.

Chacune des attractions, boutiques et restaurants sont confiées à des équipes projet dont la mission est de traduire en trois dimensions l'histoire que l'on souhaite raconter. Ces ingénieurs de l'imaginaire (“imaginieurs” dans le jargon Disney) apportent ainsi leur talent dans la conception et réalisation de lieux décidément bien uniques. Et parfois, ils laissent des petits clins d’œil bien sympathiques qui ne font que renforcer les belles histoires !

Je me baladais ainsi en compagnie d'une collègue exerçant à Fantasyland. Elle me racontait qu'elle avait eu un jour une discussion avec un des imaginieurs et m'invita à visiter le restaurant “Au chalet de la marionnette”, inspiré du long métrage Pinocchio. Cet établissement était en fait une version modernisée d'un restaurant similaire nommé “Village Haus” dans le parc Disneyland original, situé près de Los Angeles aux États-Unis.

L'entrée du restaurant se fait sous une double arche supportée par un pilier au croisement. À l'intérieur, c'est donc logiquement un panneau "sortie” ou “exit” qui est apposé au-dessus de cette double arche. Dans le restaurant parisien, le panneau sortie est positionné en plein milieu, avec en motif le chat Figaro accoudé sur le panneau et levant son pouce comme pour dire “ok” ou “génial”.

Qu'y a-t-il de bien extraordinaire allez-vous me demander ? En fait, l'histoire remonte au début des années quatre-vingts, lorsque le Fantasyland californien allait ouvrir son restaurant Village Haus. L'architecture est la même, à la différence que le pilier soutenant les deux arches était en fait un pilier porteur. Il était donc impossible de positionner le panneau “exit” exactement au milieu.

Les imaginieurs décidèrent de s'amuser de ce détail en dessinant le chat Figaro tirant une corde reliée à ce panneau, comme s'il voulait le déplacer au milieu ! Lorsqu'ils apprirent qu'ils allaient concevoir un restaurant similaire à Paris, ils ont raconté la suite de l'histoire. Le panneau étant désormais au milieu, le chat Figaro avait toutes ses raisons d'être désormais satisfait !

Aujourd'hui, cette histoire est officiellement “publique”, l'extraordinaire ouvrage “Disneyland paris, de l'esquisse à la création”, publié à l'occasion des dix ans du parc français, la racontant, sans cependant en montrer d'images. C'est lors d'un voyage en 2000 que j'ai pu enfin voir de mes yeux vus cette belle anecdote que l'on m'avait racontée quelques années plus tôt !

Figaro à Anaheim

Figaro à Paris

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dimanche 7 août 2005

Quand “it’s a small world” devient “la maison des poupées”

Pour faire le tour du monde, rien ne vaut une croisière à bord des bateaux de “it‘s a small world”. Les cast members nomment cette attraction “small world” tout simplement. En revanche, les visiteurs l'appellent tout autrement : “la maison des poupées”, alors que sa traduction officielle est “que le monde est petit”.

it's a small worldQuel surnom bien étrange, n'est-ce pas ? Certes, les figurines qui dansent et qui chantent une musique devenue insupportable ressemblent vaguement à des poupées articulées. Mais était-ce suffisant pour qualifier l'attraction de “maison” ? Devant cette question essentielle, la réponse ne m'est venue qu'à l'occasion d'un voyage dans le parc Disneyland original situé à deux pas de Los Angeles en Californie.

Comme vous le savez, cette attraction qui rend hommage aux enfants du monde entier, possède par conséquent un caractère international. C'est pourquoi, l'annonce de bienvenue et de sécurité, dans le parc américain, est effectuée dans de nombreuses langues dont le français.

Voici, d'abord en anglais l'annonce originale que l'on peut entendre dans la file d'attente et une fois assis dans le bateau (cette même annonce est ensuite effectuée en espagnol puis en japonais) :

> “Welcome to it's a small world. Please keep your party together as you walk through the turnstiles. Chlidren under age 7 must be accompanied by an adult. And just a reminder, there is no smoking, food or drinks. Thank you.”
> “For your safety, please remain seated during your cruise keeping your hands and arms inside the boat. And please, no smoking or flash photography. Thank you.”
> “Please remain seated until the boat comes to a complete stop and you are asked to disembark.”

L'annonce en français (et en allemand) n'est entendue uniquement qu'à bord des bateaux :

> “Bienvenue à la maison des petites poupées. Gardez vos sièges et s'il vous plaît, défenser de fumer. Merci.” [oui, oui, le verbe “défenser” !]
> “S'il vous plaît, gardez vos bras et vos mains dans le bateau et gardez vos sièges jusqu'à la place en débarquer. Merci.” [sic]

Bien que la langue française y soit un peu massacrée, car il doit s'agir de la même annonce utilisée depuis le tout début de l'attraction, avez-vous remarqué l'utilisation de l'expression “maison des petites poupées” ? Les voyageurs français visitant le parc américain auraient ainsi conservé en mémoire cette expression, en la ramenant au parc parisien. L'usage et le bouche à oreille auraient ensuite suffit à consacrer cette appellation finalement inventée aux États-Unis.

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