Après la Californie, un article sur le Japon ! L'année dernière, j'ai profité d'un séjour au pays du Soleil Levant pour faire un détour et visiter le parc Tokyo Disney Sea, le deuxième parc ouvert depuis 2001 à côté du vénérable Tokyo Disneyland. Le temps me faisant défaut, je n'avais pu visiter les deux. Le choix fut donc vite fait : autant privilégier la nouveauté avec ce parc dont tout le monde parle…

Grâce au cour du yen faible, le prix de l'admission n'était pas excessif (5500 ¥ à l'époque, soit 38 €). Cette fois-ci aucun regret de ne plus être cast member dans la mesure où je n'aurais eu droit de toute façon à aucun avantage. En effet, Tokyo Disney n'appartient pas à Disney. Le domaine est la propriété de l'Oriental Land Company, dont l'actionnariat est composé de différentes entreprises privées, qui détient les droits d'exploitation de la license Disney.

Revenons-en à ce parc. Dédié à tout ce qui se rapporte aux mythes et légendes de la mer, Tokyo Disney Sea est un parc tout simplement extraordinaire et d'une beauté remarquable. L'aménagement, le design, les attractions… chaque thème est revisité avec un souci du détail extrême. On y retrouve plusieurs attractions déjà connues dans les autres parcs Disney, mais la majorité d'entre elles sont des créations exclusives pour ce parc. Il y a même un clone de notre Indiana Jones et le Temple du péril, rebaptisé ici Raging Spirit, la licence Indiana Jones étant déjà utilisée pour Indiana Jones and the temple of the Crystal Skull, attraction elle-même clone d'Indiana Jones and the temple of the Forbidden Eye en Californie. Deux attractions époustouflantes qui vous font véritablement vivre le film et qui n'ont rien, mais alors rien à voir avec notre grand huit.

Le Mont Prométhée, emblême de Tokyo Disney SeaQuand on voit le haut niveau de qualité porté par Tokyo Disney Sea, on remarque aussitôt les errements de la maison-mère lorsqu'elle avait lancé des parcs comme Walt Disney Studios à Paris et Disney's California Adventure. Construits avec des budgets "étudiés" (pour ne pas dire au rabais), ces parcs ont longtemps soufferts d'un manque d'âme. Les visiteurs ne s'y sont pas trompés, et aujourd'hui, les erreurs sont en cours de réparation et les développements à venir semblent plutôt prometteurs pour apporter cette touche de magie qui sont la signature des parcs Disney.

Mais le but de cet article n'est pas de faire les louanges de ce parc japonais ou de vous en faire une visite guidée. D'autres sites ou blogs en parlent déjà très bien.

Ce qui est intéressant d'analyser est la façon de travailler des cast members. Bien entendu, on retrouve le sourire et la gentillesse auxquelles nous sommes en droit d'attendre. Mais ce qui frappe d'entrée, c'est le nombre de cast members. Les problèmes d'effectifs semblent être une inconnue ici (ceux qui ont travaillé à Paris savent ce que c'est que de faire le pied de grue bloqué dans une position pendant une heure en plein hiver, faute de personnel suffisant pour la relève).

Dans une attraction, vous avez presque l'impression que les cast members vous suivent dans la file d'attente. Et encore, si ce n'était que ça... En fait on vous parle tout le temps : on vous explique en quoi consiste l'attraction, on vous rappelle à qui elle est déconseillée, on vous indique comment se grouper, on vous précise d'attacher sa ceinture, on vous demande de vérifier qu'elle est attachée, on vous prie de sortir par tel côté, etc. Et ce genre de conseils en tout genre n'est pas spécifique à Tokyo Disney. Partout au Japon dans les lieux publics, on vous cause, on vous raconte tout ce qui se passe, bref, on prend (un peu trop) soin de vous ! Quand on n'y est pas habitué, cela peut vite devenir insupportable.

La place semble ainsi peu limitée à l'improvisation, les cast members suivant à la lettre les consignes dispensées lors de leur formation avec une attitude pour chaque situation. Et si un imprévu se passe, et bien soit le type d'imprévu est… prévu et répertorié dans la liste et donc il suffit de suivre le manuel, soit ce n'est pas prévu et ça peut être la panique si le chef n'est pas là…

Et cette sensation d'organisation minutieuse où tout est réglé comme du papier à musique est confirmée avec cette anecdote qui nous est arrivée dans un des restaurants. Nous avions repéré un self-service intéressant et dès l'entrée, une employée nous explique qu'il y a deux possibilités : prendre la formule 5 plats pour un prix fixe, ou bien à la carte. Si l'on prenait la formule, on nous donnait une serviette mauve et dans l'autre cas, une serviette blanche. Nous optons pour la formule et l'on nous remet donc cette serviette colorée. Nous avançons avec notre plateau et manifestement, la place était un peu exiguë pour faire tenir cinq articles sur le plateau. J'enlève donc le pain de mon assiette et mets celle-ci sous une autre pour gagner de la place. Arrivé à la caisse, la charmante cast member compte le nombre d'assiettes et n'en voit que quatre alors que j'avais une serviette mauve ! Aïe… aurais-je perturbé une mécanique si bien huilée avec mon innocence de touriste ? Il a fallut quand même quelques secondes pour qu'elle réalise que j'avais bien cinq items et que tout allait bien !

Parce que vous êtes sages et que vous vous demandez sans doute à quoi ressemble ce parc, vous pouvez jeter un œil à ma sélection de photos en suivant ce lien :
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