CAST REMEMBER • Souvenirs d’un ancien “cast member”

Insolites ou inattendues, mais toujours drôles et parfois émouvantes, un carnet d'anecdotes sur la vie chez Disney

mardi 25 décembre 2007

Les studios commencent à quitter la quatrième dimension

Ça y est, elle est arrivée… Après de longs mois de patience, que dis-je, depuis maintenant cinq ans que les Walt Disney Studios existent, jamais une attraction ne se sera faite autant désirée ! Mais de quoi suis-je donc en train de parler ? Mais de la Tour de la Terreur, un saut dans la quatrième dimension pardi !

Mais s'il est vrai que vous ne suivez pas l'actualité des parcs Disney, ce nom ne vous évoquera sans doute pas grand chose. Pour résumer, cette attraction à vous couper le souffle, inspirée de la célèbre série éponyme qui a hanté les petits écrans du monde entier dès les années soixante, se propose de vous plonger dans les univers parallèles de la quatrième dimension. Et quand je dis plonger, c'est également (et en particulier) au sens propre qu'il faut l'entendre…

Affiche conceptuelle de l'attractionL'objet de cet article n'est pas de vous détailler le contenu de cette palpitante mais ô combien angoissante aventure, mais plutôt d'apporter un regard sur la stratégie d'Euro Disney ces dernières années. Je reviendrai plus en détail sur cette nouvelle aventure et ses cast members dans un prochain billet.

Tout d'abord, sachez qu'on revient de bien loin. En effet, les Walt Disney Studios parisiens ont longtemps été la synthèse absolue de tout ce qu'il ne fallait pas faire dans un parc qui portait la griffe Disney. Ce petit frère du majestueux parc Disneyland qui n'est pourtant qu'à quelques mètres, n'avait rien, mais alors absolument rien à lui envier. L'immersion dans un monde au-delà du réel, fourmillant de détails dont on se surprend à en découvrir toujours d'autres à chaque visite n'était certainement pas de mise aux Studios…

La sophistication a ainsi cédé la place au minimalisme avec pour principe de proposer aux visiteurs d'entrer dans les coulisses. Une intention louable en soi, mais qui s'est traduite par la création d'attractions, hébergées pour la plupart dans d'immenses hangars reproduisant ceux que l'on trouvent dans tout bon grand studio de cinéma digne de ce nom (Warner Bros, Paramount, Universal, etc.). Nos amis américains appellent ces bâtiments les “soundstages”. Le parc avait ainsi un look industriel, sans personnalité et froid au possible.

Une économie a sans doute été réalisée grâce à ce décor minimaliste, même si Disney s'en défend en prétextant qu'il s'agissait d'une visite de studios de cinéma et qu'ils ne faisaient que reprendre leur architecture… Sauf que le cinéma, même érigé en industrie, fabrique du rêve. Disney aurait dû par conséquent également donner du rêve dès que les portillons d'entrée étaient franchis.

Au-delà de cette question esthétique, le parc ne comptait que neuf attractions et spectacles à l'ouverture, alors que le grand frère en comptait déjà une cinquantaine ! Et pourtant, certaines attractions sont particulièrement réussies et totalement originales, leur conception étant exclusive pour ce parc. Mais on a beau avoir un produit qui peut être intrinsèquement sympathique, si le packaging ne suit pas, on peut friser la catastrophe. Ce qui ne manqua pas d'arriver, les visiteurs ayant tout simplement boudé le lieu. Disney a eu peine à attirer des visiteurs complémentaires et la réputation désastreuse du lieu a été aussi rapide que l'éclair. Ainsi en été, alors que le grand parc fermait ses portes à 23 heures, le petit ne dépassait guère les 19 heures… La fréquentation a stagné autour de 12 à 13 millions de visiteurs par an, soit quasiment le même nombre de visiteurs qu'avant avec un seul parc ! Les comptes d'Euro Disney replongèrent à nouveau dans le rouge au grand dam des actionnaires.

En 2004, le p-dg d'alors, André Lacroix, dans un élan qu'on peut comparer à celui de Philippe Bourguignon confronté aux pires difficultés en 1993, comprit très vite que seuls de nouveaux investissements destinés à renouveler et susciter le désir de passer une ou plusieurs journées à Disney étaient nécessaires. Outre une restructuration financière, il obtint une ligne budgétaire spécifique de 240 millions d'euros destinée à financer de nouvelles aventures.

Mais il était hors de question de repartir sur les erreurs initiales des Studios. Il fallait redonner une âme à ce parc qui en manquait tant, en créant de nouveau des expériences à haut pouvoir d'immersion. Sans oublier que les nouvelles attractions devaient également être intégrées dans un environnement tout autant travaillé. Il fallait redonner au thème du septième art tout le glamour que l'on était en droit d'attendre.

Toon StudioEn juin 2007, Crush's Coaster et Cars Quatre Roue Rallye virent ainsi le jour dans une zone désormais intitulée Toon Studio (le lieu où viennent travailler les toons). Un environnement portuaire australien a ainsi été réalisé pour la première attraction et une mini reconstitution de la petite ville de Radiator Springs accueille la deuxième.

Et depuis le 22 décembre 2007, la Tour de la Terreur a accueilli ses premiers “clients” dans un nouveau quartier évoquant le Hollywood des années cinquante, avec ses bâtiments, ses boutiques et son mobilier urbain directement inspirés de cette ville du cinéma.

Les Walt Disney Studios, longtemps l'un des vilains petits canards du giron Disney, changent peu à peu de visage. Et c'est sans aucun doute loin d'être fini, un nouvel élan semble vraiment être de mise. La stratégie adoptée semble être la bonne, car le succès est déjà au rendez-vous. Avec l'ouverture de Crush et Cars seulement en milieu d'année fiscale, mais aussi grâce aux festivités du quinzième anniversaire, 14,5 millions de visiteurs ont déjà franchi les portes des deux parcs. Un niveau de fréquentation jamais atteint dans l'histoire mouvementée d'Euro Disney. Attendons de voir l'impact de la Tour de la Terreur sur les chiffres 2008…

Les erreurs des Studios ne sont pas spécifiques à la France. Aux États-Unis, le parc Disney's California Adventure, petit frère du parc Disneyland original de Californie, a souffert des mêmes problèmes d'identité que les Studios. Il y a quelques mois, la Walt Disney Company a ainsi annoncé mettre sur la table un milliard de dollars pour transformer de fond en comble le visage de cette destination. Quant à Hong Kong Disneyland, le plus petit des parcs Disneyland (il n'a ouvert ses portes qu'avec moins de dix attractions alors que le parc français comptait déjà près d'une trentaine d'attractions et spectacles en 1992) construit enfin de nouvelles aventures, à commencer par le classique “it's a small world”. Il faut noter que parmi les autres grandes attractions manquantes à Hong Kong figurent tout de même des classiques tels que Pirates, le Manoir hanté, Big Thunder Mountain…

Ces différents errements ont en tout cas un enseignement : le public n'est pas dupe. Disney, en trahissant ses standards avait en quelque sorte trahi son public. Les sanctions ont été immédiates ! Ces parcs ont ainsi très vite plongé dans la quatrième dimension ! Mais il semblerait qu'ils reviennent enfin dans le monde réel…

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> Les années fastes, puis pas grand chose

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dimanche 23 décembre 2007

Le Noël des cast members

Comme souvent dans les grandes entreprises, des fêtes permettent de marquer le coup, célébrer un événement tout en motivant les troupes afin de maintenir la culture d'entreprise et remercier chaque collaborateur pour son travail. Les arbres de Noël font partie de ces moments de réjouissance. Chez Disney par exemple, c'est le Noël des cast members.

Chaque année le parc est ainsi privatisé au moins deux soirées en décembre uniquement pour les employés qui peuvent ainsi inviter leur famille ou leurs amis. Au menu : ouverture de certaines attractions, repas offert, remises substantielles dans les boutiques, animations, cadeaux et soirée discothèque.

Cette année, mes amis cast members ont eu la gentillesse de m'inviter à cette soirée qui s'est tenue, une fois n'est pas coutume, aux Walt Disney Studios. Ainsi, pour la première fois depuis dix ans, j'ai pu replonger l'espace d'un instant dans la peau d'un cast member ! Certes de façon bien partielle et plutôt dans un contexte sympathique autour d'une coupe de champagne.

De plus, la Tour de la Terreur, dont l'ouverture générale a eu lieu ce samedi 22 décembre, nous était spécialement réservée (mais je l'avais déjà faite quelques jours auparavant en exclusivité, et je reviendrai dans un prochain billet sur cette attraction), ainsi que d'autres attractions phares de ce parc.

Plus tard dans la soirée, la grande allée centrale du Studio 1 s'est transformée en piste de danse géante, avec un DJ alternant entre tous les succès du moment, dans tous les genres. Qu'il est bon de se défouler un peu en se déhanchant sur les rythmes de nos musiques préférées !

Et ce qui était bien appréciable, c'était l'absence de fumée de cigarette. Le Studio 1 étant un lieu couvert, donc non-fumeur, les accros de la nicotine sortaient à l'extérieur pour en griller une. Vivement le 1er janvier où l'on pourra enfin respirer dans toutes les boîtes de nuit !

Bien entendu, le faste des événements internes lors des débuts de Disney reste bien loin, mais l'essentiel reste malgré tout de faire la fête !

À mon tour, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année ! À très vite pour de nouvelles histoires.

Merci pour votre fidélité.

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> C'était la bonne époque !

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lundi 16 juillet 2007

À vélo dans les “backstages”

Le lancement de Vélib', les vélos en libre-service à Paris, me rappelle une initiative sympathique qu'avait prise la direction d'Euro Disney à l'approche de l'été 1997 il me semble, je ne suis plus très sûr de la date !

En dehors des allées du parc, qui ne sont qu'une partie émergée de l'iceberg, existe une infrastructure routière interne desservant "par l'arrière", les attractions, les restaurants, les boutiques, les bâtiments techniques, les bureaux, etc. Bien évidemment, à l'exception des camions de livraison, des véhicules utilitaires et des rares voitures autorisées, aucun autre engin motorisé n'est admis sur ces voies privées, y compris les voitures personnelles des cast members. Il faut dire qu'il aurait été difficile de faire circuler plusieurs centaines de voitures sur ces voies !

Un service de navettes par autobus permet néanmoins aux cast members de se déplacer facilement d'un point à l'autre du parc. Fonctionnant comme une ligne d'autobus classique, avec ses arrêts, ses itinéraires, son tableau de roulement, ce sont les mêmes bus qui servent pour les navettes vers les hôtels.

Le bâtiment du costuming (le lieu où les employés se changent), était à l'époque assez excentré. Arriver par le RER ou par le parking employés, ressemblait parfois à un parcours du combattant et nécessitait ainsi près d'une dizaine de minutes de trajet obligé, et bien entendu, non rémunéré.

Afin de faciliter le déplacement des employés, le management avait ainsi eu la bonne idée, à l'approche des beaux jours, de nous mettre à disposition tout un parc de vélos entièrement gratuits ! Tout de jaune vêtus (sans doute une référence volontaire ou involontaire aux vélos jaunes de La Rochelle), ces vélos allaient révolutionner les déplacements en backstage. Cette initiative rencontra d'ailleurs un très grand succès immédiat. La vie des coulisses de Disney était tout d'un coup rythmée par ces nouveaux engins à deux-roues bien pratiques lorsque la navette tardait à arriver où si l'on était trop éloigné d'un arrêt de bus.

Les bicyclettes étaient en libre-service et pouvaient être déposées absolument n'importe où, la règle étant qu'il était interdit de se les approprier. Tout vélo qui reposait pouvait donc être repris par n'importe quel autre cast member. Bien évidemment, certains petits malins, après être arrivés à leur attraction, rangeaient leur petite reine dans un petit local technique, histoire de le retrouver en fin de journée pour repartir plus vite au costuming… Il faut dire qu'à certaines heures, il était difficile de trouver des vélos aux points stratégiques !

Dans tous les cas, voir des gens habillés en Pirates, Big Thunder Mountain, Indiana Jones, Small world, Space Mountain, Peter Pan... se croiser à vélo était un spectacle pour le moins insolite !

L'année suivante, l'opération vélos jaunes avait été reconduite pour notre plus grand bonheur. Puis l'année suivante, je quittais la société. Je ne sais pas si cela a ensuite été poursuivi les années suivantes ni quand ça s'est arrêté. Cast members, n'hésitez pas à apporter votre éclairage !

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samedi 7 juillet 2007

La gay pride, tous les jours à 15 heures !

Ah la saison estivale... Une saison que beaucoup de cast members attendent avec impatience. En effet, de nombreux saisonniers viennent agrandir le staff Disney apportant un peu de soulagement à tous les permanents qui ont parfois travaillé dans des conditions de sous-effectif difficiles.

C'est comme un cycle, de nouvelles histoires entre cast members vont ainsi commencer : de nouvelles amitiés, tout comme des relations plus poussées, voire plus si affinités. Bref, à la fin de leur mission, les saisonniers repartiront avec un carnet d'adresses internationales blindé !

Mais l'arrivée de l'été coïncide également avec la saison des gay pride un peu partout dans le monde. La dernière marche à Paris le samedi 30 juin dernier a rassemblé entre 500 000 et 700 000 participants, confirmant son succès chaque année. Chez Disney, nous avions coutume de plaisanter en affirmant que ce n'était pas la peine d'attendre chaque année la gay pride pour faire la fête, celle-ci ayant lieu tous les jours, au parc Disneyland, à 15 heures !

En effet, à cette heure (aujourd'hui ce n'est plus vrai, les horaires ont changé), la traditionnelle parade, avec ses chars colorés, ses danseurs athlétiques, ses costumes originaux, sa musique entraînante, traverse tout le parc en faisant le bonheur du public. Le monde du spectacle étant souvent associé, à tort ou à raison, à une sensibilité gay, la plaisanterie était facile à faire. Pourtant, tous les cast members vous le diront, il n'y a pas d'exclusivité gay propre au monde du spectacle !

Mais dire que Disney est une entreprise complètement gay serait également faux, de nombreux hétéros seraient même fiers de vous raconter toutes leurs rencontres dans l'entreprise !

Je vous invite à consulter ces précédents billets qui vous en diront plus sur la gaytitude chez Disney, le côté tournez manège entre cast members, la saison estivale et d'où vient l'expression "la parade de 15 heures".
> Au-delà des clichés
> Sex in the city
> Vive l'été !
> Si vous ne voulez pas exaspérer un cast member

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lundi 26 mars 2007

Cast members, the Japanese way

Après la Californie, un article sur le Japon ! L'année dernière, j'ai profité d'un séjour au pays du Soleil Levant pour faire un détour et visiter le parc Tokyo Disney Sea, le deuxième parc ouvert depuis 2001 à côté du vénérable Tokyo Disneyland. Le temps me faisant défaut, je n'avais pu visiter les deux. Le choix fut donc vite fait : autant privilégier la nouveauté avec ce parc dont tout le monde parle…

Grâce au cour du yen faible, le prix de l'admission n'était pas excessif (5500 ¥ à l'époque, soit 38 €). Cette fois-ci aucun regret de ne plus être cast member dans la mesure où je n'aurais eu droit de toute façon à aucun avantage. En effet, Tokyo Disney n'appartient pas à Disney. Le domaine est la propriété de l'Oriental Land Company, dont l'actionnariat est composé de différentes entreprises privées, qui détient les droits d'exploitation de la license Disney.

Revenons-en à ce parc. Dédié à tout ce qui se rapporte aux mythes et légendes de la mer, Tokyo Disney Sea est un parc tout simplement extraordinaire et d'une beauté remarquable. L'aménagement, le design, les attractions… chaque thème est revisité avec un souci du détail extrême. On y retrouve plusieurs attractions déjà connues dans les autres parcs Disney, mais la majorité d'entre elles sont des créations exclusives pour ce parc. Il y a même un clone de notre Indiana Jones et le Temple du péril, rebaptisé ici Raging Spirit, la licence Indiana Jones étant déjà utilisée pour Indiana Jones and the temple of the Crystal Skull, attraction elle-même clone d'Indiana Jones and the temple of the Forbidden Eye en Californie. Deux attractions époustouflantes qui vous font véritablement vivre le film et qui n'ont rien, mais alors rien à voir avec notre grand huit.

Le Mont Prométhée, emblême de Tokyo Disney SeaQuand on voit le haut niveau de qualité porté par Tokyo Disney Sea, on remarque aussitôt les errements de la maison-mère lorsqu'elle avait lancé des parcs comme Walt Disney Studios à Paris et Disney's California Adventure. Construits avec des budgets "étudiés" (pour ne pas dire au rabais), ces parcs ont longtemps soufferts d'un manque d'âme. Les visiteurs ne s'y sont pas trompés, et aujourd'hui, les erreurs sont en cours de réparation et les développements à venir semblent plutôt prometteurs pour apporter cette touche de magie qui sont la signature des parcs Disney.

Mais le but de cet article n'est pas de faire les louanges de ce parc japonais ou de vous en faire une visite guidée. D'autres sites ou blogs en parlent déjà très bien.

Ce qui est intéressant d'analyser est la façon de travailler des cast members. Bien entendu, on retrouve le sourire et la gentillesse auxquelles nous sommes en droit d'attendre. Mais ce qui frappe d'entrée, c'est le nombre de cast members. Les problèmes d'effectifs semblent être une inconnue ici (ceux qui ont travaillé à Paris savent ce que c'est que de faire le pied de grue bloqué dans une position pendant une heure en plein hiver, faute de personnel suffisant pour la relève).

Dans une attraction, vous avez presque l'impression que les cast members vous suivent dans la file d'attente. Et encore, si ce n'était que ça... En fait on vous parle tout le temps : on vous explique en quoi consiste l'attraction, on vous rappelle à qui elle est déconseillée, on vous indique comment se grouper, on vous précise d'attacher sa ceinture, on vous demande de vérifier qu'elle est attachée, on vous prie de sortir par tel côté, etc. Et ce genre de conseils en tout genre n'est pas spécifique à Tokyo Disney. Partout au Japon dans les lieux publics, on vous cause, on vous raconte tout ce qui se passe, bref, on prend (un peu trop) soin de vous ! Quand on n'y est pas habitué, cela peut vite devenir insupportable.

La place semble ainsi peu limitée à l'improvisation, les cast members suivant à la lettre les consignes dispensées lors de leur formation avec une attitude pour chaque situation. Et si un imprévu se passe, et bien soit le type d'imprévu est… prévu et répertorié dans la liste et donc il suffit de suivre le manuel, soit ce n'est pas prévu et ça peut être la panique si le chef n'est pas là…

Et cette sensation d'organisation minutieuse où tout est réglé comme du papier à musique est confirmée avec cette anecdote qui nous est arrivée dans un des restaurants. Nous avions repéré un self-service intéressant et dès l'entrée, une employée nous explique qu'il y a deux possibilités : prendre la formule 5 plats pour un prix fixe, ou bien à la carte. Si l'on prenait la formule, on nous donnait une serviette mauve et dans l'autre cas, une serviette blanche. Nous optons pour la formule et l'on nous remet donc cette serviette colorée. Nous avançons avec notre plateau et manifestement, la place était un peu exiguë pour faire tenir cinq articles sur le plateau. J'enlève donc le pain de mon assiette et mets celle-ci sous une autre pour gagner de la place. Arrivé à la caisse, la charmante cast member compte le nombre d'assiettes et n'en voit que quatre alors que j'avais une serviette mauve ! Aïe… aurais-je perturbé une mécanique si bien huilée avec mon innocence de touriste ? Il a fallut quand même quelques secondes pour qu'elle réalise que j'avais bien cinq items et que tout allait bien !

Parce que vous êtes sages et que vous vous demandez sans doute à quoi ressemble ce parc, vous pouvez jeter un œil à ma sélection de photos en suivant ce lien :
> L'album photos

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dimanche 18 février 2007

Accueil royal outre-Atlantique

Je reviens tout juste d'un petit voyage sur la côte ouest américaine où j'en ai bien entendu profité pour retourner faire un tour au parc Disneyland original et son petit frère du nom de Disney's California Adventure. Ce deuxième parc, ouvert en 2001, a pour thème… la Californie ! J'y ai pu notamment expérimenter la fameuse Tour de la Terreur qui arrive à nos Walt Disney Studios d'ici fin 2007, début 2008.

Tower of Terror, Disney's California Adventure

Bref, ce petit séjour m'a fait penser à une anecdote que je ne vous avais pas encore racontée. Comme vous le savez, cela fait quelques années que je ne fais plus partie de la grande maison Mickey, mais cela ne m'empêche pas d'y retourner de temps en temps. Et il y a bien un avantage que je regrette, c'était la faculté que nous offrait le statut de cast member de pouvoir accéder gratuitement aux parcs Disney américains ! L'inverse était bien entendu réciproque, les cast members américains ayant accès au parc français.

J'ai pu en profiter une ou deux fois à l'époque pour visiter le parc Disneyland d'Anaheim en Californie (d'où je vous avais ramené la photo du chat Figaro, cf lien en fin d'article). L'accueil était grandiose : dès l'arrivée au parking, les cast members locaux, en voyant notre carte professionnelle française, nous avaient donné un passe pour nous permettre de nous garer au plus près du parc au lieu du parking général. Dans les restaurants ou dans les boutiques, tout le personnel défilait pour venir discuter avec nous et nous poser des tas de questions sur les particularités de notre parc, nous offrir de petits cadeaux… bref, on avait l'impression d'être un VIP (alors que le salaire moyen d'un cast member n'a vraiment rien de princier).

Un bien bel avantage qui m'aurait été utile lors de ce dernier voyage ! L'entrée à un parc coûte ici 63$, soit près de 50€ et un billet passe-partout pour les deux parcs : 83$, soit environ 65€. Pour mémoire, à Paris, les prix sont respectivement de 44€ et 54€. Par chance, j'ai profité d'une promotion spéciale avec un billet trois jours à 129$.

De quoi tordre le cou à quelques idées reçues comme quoi le parc français était le plus cher (dans la catégorie parcs Disney) !

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> Une belle histoire entre la Californie et Paris

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samedi 29 juillet 2006

Cast members, the French way

S'il y a bien quelque chose qui est inimitable chez les cast members du parc français, c'est leur capacité à interagir avec les visiteurs, plaisanter avec eux, être démonstratif ou savoir mettre l'ambiance. Bien entendu, tous n'ont pas le talent d'un "showman", mais certains y arrivent mieux que d'autres et quand c'est toute l'équipe qui est de connivence, c'est encore mieux !

Je me souviens d'excellents délires entre collègues ou avec les visiteurs. Ces petits moments de bonheur étaient un peu comme une soupape bienvenue, surtout lorsqu'on a été confronté à des situations stressantes ou à des clients indélicats.

Voici quelques exemples d'une époque où le terme de sous-effectif était encore inconnu :

À Pirates, ce n'était pas difficile, l'ambiance et le ton donnés par l'attraction nous poussait facilement à avoir un rôle d'acteur plus prononcé en jouant les flibustiers. Si les enfants étaient les premiers ravis de jouer avec nous, les plus grands n'en étaient pas moins de grands enfants. Pour les annonces de sécurité, au lieu du classique : "restez assis et gardez bras et mains à l'intérieur du bateau", je préférais une version plus poétique : "si vous tenez à la vie, restez bien assis, si vous tenez à votre peau, ne mettez pas les mains dans l'eau" !

À Indiana Jones, quand les trois équipes de cast members (matin, mixte et soir) se croisaient à mi-journée, nous étions parfois en surnombre. Nous avons alors eu l'idée de jouer les aventuriers d'un genre spécial derrière le temple, là où la nature protège encore les zones vierges dédiées à de futures attractions. Bref, nous avions choisi de nous installer près des rails du Disneyland Railroad. Avant l'arrivée d'un train, nous nous mettions en position immobile, mimant des scènes de la vie d'un camp : faire sembler de manger, de préparer le dîner, de se battre, etc. Lorsque les trains passaient, ce qui nous amusait était de voir la tête des passagers et surtout entendre leurs commentaires : “qu'est-ce que c'est… ils ont l'air tellement vrai…”.

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dimanche 5 mars 2006

Les rotations, entre abondance et vaches maigres

Ne vous êtes-vous jamais demandé si le pauvre cast member qui était à l'entrée d'une attraction, exposé à toutes les intempéries et debout en permanence était présent toute la journée à faire la même chose ? Et bien, je vous rassure, non il n'est pas cloué sur place à faire bonne figure pendant toute sa plage de travail !

Comme je vous l'avais déjà expliqué dans un précédent billet, les postes en attraction fonctionnent par rotation. Depuis l'entrée d'une file d'attente jusqu'à la sortie, vous rencontrez différents cast members en poste sur votre chemin. Selon la complexité ou la taille des attractions, vous les retrouverez par exemple à l'entrée, à certains points de la file d'attente, en bout de file d'attente, sur le quai d'embarquement, à la tour de contrôle, au débarquement, etc.

Chaque position est occupée successivement par tous les cast members par un système de rotation. Ainsi en théorie, il y a plus de cast members que de positions. Grâce à cet “excédent”, la rotation peut ainsi tourner : un cast member vient ainsi remplacer son collègue à l'entrée, celui-ci va alors remplacer le collègue suivant à une autre position, et ainsi de suite jusqu'au bout de la chaîne, le dernier partant en pause pour quinze minutes. Et quand il revient dans la boucle, la même scène se répète à l'envi.

Jusqu'en 1996 la situation était idéale, les cast members étant suffisamment nombreux pour permettre aux rotations de tourner rapidement. Les moments les plus appréciés étant les plages de croisement des équipes. En été par exemple, il fallait trois équipes pour couvrir les horaires d'ouverture du parc. Ainsi il y avait celle du matin (7h30-16h30), celle de journée (11h-20h) et celle du soir (14h30-23h30). Entre 14h30 et 16h30, le nombre de cast members était donc maximal. Dans certains cas, l'abondance était telle qu'on n'avait le temps de ne faire qu'une position car tous ceux qui étaient en pause revenaient d'un coup !

On pouvait donc se permettre d'allonger de quelques minutes le temps de pause ou le temps de déjeuner. Mais gare aux abus, il suffit vite que le système se grippe pour qu'une rotation soit bloquée, suscitant la colère des cast members en position, ce qui est bien légitime.

Mais quand les effectifs étaient insuffisants ou vraiment très limite, ce qui fut souvent le cas à partir de 1997, les rotations pouvaient être très longues voire éprouvantes, surtout en hiver. D'autant plus que certaines attractions sont regroupées en “complexes”. Ce qui signifie par exemple qu'Aladdin et L'Arbre des Robinson sont rattachés administrativement à Pirates. Les positions de ces deux attractions sont donc incluses dans les rotations. Entre Pirates et ces deux points, cela fait donc un certain trajet à faire...

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> Dur hiver

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samedi 25 février 2006

S’ouvrir au monde et aux autres

Même si certains visiteurs ou collègues nous agaçaient parfois, il y avait quelque chose de véritablement unique chez Disney : l'ambiance internationale. Avoir une chance de baigner dans un univers si cosmopolite était une formidable opportunité de s'ouvrir au monde, rencontrer des individus aux horizons divers, découvrir d'autres cultures, comprendre certains comportements, etc.

Rien que chez les cast members, on devait bien compter plus de cent nationalités différentes. Chaque arrivée de cast members venant d'autres pays était autant d'occasions de remplir son carnet d'adresses en vue de petits voyages ici et là ! Bosser chez Disney était chaque jour un festival d'accents de toutes régions et de tous pays. D'ailleurs quand vous visitez le parc, vous aurez remarqué que parfois, les cast members étrangers ne maîtrisent pas toujours la langue de Molière et inversement, de nombreux cast members français ne maîtrisent pas vraiment d'autres langues. Des accents à couper au couteau dans les deux cas, mais tellement savoureux à entendre !

Du côté des visiteurs, les sociologues et les ethnologues auraient chez Disney un extraordinaire terrain d'étude et d'analyse ! Sans prétendre à une analyse scientifique, des traits de comportement généraux communs pouvaient facilement être déterminés en fonction du pays d'origine des visiteurs. Les bagages culturels et les façons d'appréhender les règles de vie en société étant forcément différents, il fallait s'adapter en fonction des visiteurs pour éviter des incompréhensions ! Je reviendrai sur des exemples à l'occasion de futurs billets.

Je me rappelle une fois d'un visiteur qui venait de Hong-Kong ou Taiwan (je ne m'en souviens plus exactement) qui discutait avec moi en me disant qu'il était surpris par autant d'employés aux origines et de pays si différents. Et tout d'un coup, on se sentait fier d'être dans un environnement ouvert sur le monde et aux individus où chacun à sa chance quel que soit son parcours ! Et surtout de le montrer.

En revanche, ce qui m'agaçait, c'était l'usage du prétexte de la discrimination pour tenter de justifier certains comportements. Ainsi, j'avais surpris en flagrant délit une personne en train de tricher dans une file d'attente. Bien évidemment, je vais à sa rencontre pour l'empêcher de poursuivre sa petite affaire. Et là quelle ne fut pas ma surprise quand il me dit : “Tu m'arrêtes là parce que je suis beur, hein ?”. Face à cet argument étonnant, je lui répondis simplement, sans entrer dans son jeu et en conservant le vouvoiement : “Non. Je vous arrête, parce que vous avez triché.”

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mercredi 4 janvier 2006

Coincés à Disney…

Souvenez-vous, c'était à l'automne 1995. Une grande grève touchant tous les secteurs économiques avait paralysé la France pendant trois longues semaines. L'entreprise Disney de son côté continuait à fonctionner tant que faire se peut, mais pour beaucoup de cast members, il n'était pas facile d'arriver sur son lieu de travail ou de le quitter !

Dans un élan de grande solidarité, la direction du parc réserva une belle surprise à ses salariés. Elle avait réquisitionné à titre exceptionnel les logements vacants des résidences Disney, voire des chambres d'hôtels disponibles afin de permettre aux cast members de loger sur place. Et cerise sur le gâteau, un panier repas était même prévu pour nous permettre de dîner le soir. Un geste appréciable, mais au final pertinent pour l'entreprise…

Bref, avec plusieurs collègues, nous avons atterri dans l'un des appartements de la Boiserie, une résidence réservée aux employés Disney. À l'époque, ces appartements étaient prévus pour quatre personnes (deux chambres avec deux lits dans chacune, deux salles de bain et un grand séjour commun). Mais évidemment, nous étions un peu plus nombreux dans cette situation exceptionnelle ! On avait donc mis les matelas par terre afin de pouvoir tenir à trois et ne laisser personne à même le sol. Ambiance camping/colonie de vacances garantie ! Mais à ma connaissance, cette promiscuité forcée n'a pas créé de nouveaux couples…

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